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Jean-Pierre Fabre fait une sortie majeure après quelques semaines de retrait

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Dans une interview exclusive accordée à l’agence de presse Savoir News, le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, ex-chef de file de l’opposition vient de faire l’une de ses sorties les plus importantes depuis le boycott des législatives du 20 décembre 2018. Plusieurs sujets ont été au menu de ces échanges : la situation au sein de la Coalition, la présidentielle de 2020, la crise politique et la facilitation de la Cedeao, la situation sécuritaire dans la sous-région, les relations avec le pouvoir et surtout sa vie d’ex-chef de file de l’opposition et en dehors de l’Assemblée nationale.

L’ancien chef de file de l’opposition ne semble pas vraiment avoir évolué sur ses positions. Il n’est d’ailleurs pas du tout tendre avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour le rôle qu’elle a joué dans la crise togolaise. « La CEDEAO est incapable de régler sérieusement les crises dans lesquelles elle s’immisce pour aider à instaurer la démocratie et l’État de droit », déclare monsieur Fabre. Le président de l’ANC continue d’accuser l’organisation sous régionale d’avoir joué un rôle « néfaste » dans les malheureux événements de 2005.

De plus, Il ne comprend pas que la CEDEAO n’ait pas soutenu le report des élections au Togo au moment où son regroupement l’exigeait, alors même qu’au Nigeria et en Guinée-Bissau, cela vient de se faire. Le boycott des législatives ne constitue pas du tout un objet de regret pour lui. « Je ne regrette rien. Avec mes collègues, camarades du parti, nous assumons notre décision, en dépit de conséquences difficiles pour tous », révèle monsieur Fabre. S’inspirant de son parcours politique, il se justifie par le fait que ce n’est pas la première fois pour lui d’être en arrière-plan.

Abordant les problèmes au sein de la Coalition à laquelle appartient son parti, Jean-Pierre Fabre est d’accord que les choses se passent ainsi, mais n’approuve pas la méthode utilisée par ses collègues du regroupement pour s’exprimer. « Dans un regroupement de 14 membres, il est tout à fait normal que des divergences surviennent. Le contraire eût été surprenant et même inquiétant. La meilleure manière de surmonter ces difficultés, c’est d’en débattre. Et le lieu adéquat de ce débat, c’est au sein du regroupement. S’abstenir de discuter au sein de la C14 et se répandre sur les médias pour se justifier, fait désordre, ternit l’image de la C14 et fait en conséquence le jeu de l’adversaire », déclare le président de l’ANC. Mais le regroupement a-t-il atteint son objectif ? Non, reconnaît Jean-Pierre Fabre : « la C14 a été mise en place en vue de mobiliser les populations pour obtenir les réformes. Cet objectif n’est pas atteint ».

Mais les leaders n’ont-ils pas péché eux-mêmes ? Une question qui restera sans réponse pour l’instant. En tout cas, le leader de l’ANC ne semble pas du tout se reprocher quoi que ce soit. A l’endroit de ceux qui le critiquent et trouvent que la manière dont la lutte est conduite depuis des années par lui-même et ses camarades est stérile, il affirme sans détours : « personne ne les empêche d’entrer en scène et de prendre les devants de la lutte ».

En ce qui concerne la sécurité dans la sous-région surtout avec les menaces terroristes, le président de l’ANC pense que les populations ont un rôle important à jouer en adhérant aux actions menées dans ce sens. Mais il ne manque pas de tout ramener à la qualité de la gouvernance qui selon lui peut militer pour ou contre la résurgence du phénomène. Cette sortie intervient comme une entrée en matière de la conférence de presse de la Coalition qui devrait avoir lieu aujourd’hui.

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