Elections locales partielles / La Cour suprême siffle enfin la fin du processus

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Le vendredi dernier, la chambre administrative de la Cour suprême du Togo a mis fin au processus des élections locales entamé il y a quelques mois. Les résultats des élections municipales partielles tels que proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont été validés par la Cour suprême.

Dans l’histoire démocratique de notre pays, c’est l’un des processus qui aura pris assez du temps. Il faut tout de même remarquer que les autorités en charge de la décentralisation sont allées vite. Cela devenait nécessaire de doter nos communautés de nouveaux
élus locaux. Cela faisait en effet plus de trente ans que les Togolais ne se sont pas rendus aux urnes pour choisir des conseillers municipaux. Les délégations spéciales faisant office de mairies n’arrivaient plus à répondre aux besoins des communautés.

D’ailleurs, certaines n’existaient pratiquement plus puisque des membres sont morts ou ont pris de l’âge. Pendant ce temps, le développement qui doit en principe prendre ses racines à la base était en berne. Les partenaires en développement de leur côté mettaient la pression. Nicolas Berlanga Martinez, l’ancien chef de la Délégation de l’Union européenne (UE) au Togo ne ratait aucune occasion de le rappeler au gouvernement. Heureusement, l’autorité qui percevait la nécessité de ce scrutin a au bon moment répondu aux attentes.

Dès la fin des élections législatives, et lorsque le ministre Payadowa Boukpessi et ses collègues affirmaient que le Togo organiserait les élections locales avant la fin de l’année 2019, beaucoup étaient sceptiques. Ils n’avaient pas tort de douter en tout cas. Le processus avait en effet commencé il y a quelques années et il était prévu que les élections locales soient couplées aux législatives de 2018. La Ceni dirigée par le professeur Kodjona Katanga avait même dans son chronogramme annoncé une date (le 16 décembre 2018). Mais cela n’a pas pu se faire. Mais en 2019, les choses sont allées très vite avec la mise en place de la nouvelle Ceni dirigée par Tchambakou Ayassor.

Et à la surprise générale, l’on a connu moins Vendredi dernier, lors de la proclamation des résultats définitifs des élections municipales partielles par la Cour suprême, plusieurs personnalités de haut rang dont des dirigeants de partis politiques étaient dans la salle. Parmi eux, il y avait l’honorable Sénanu. Ce dernier n’a pas hésité à donner son avis sur ce que devraient faire les
conseillers municipaux fraîchement élus.

« Il faut aller au-delà des simples chiffres. Le défi à présent est que les conseillers municipaux
de boycott. Alors, après les prolongations et maintenant que la Cour suprême contrairement à la première fois donne raison à la Ceni, l’on peut avancer. Sur 63 conseillers municipaux à élire lors de ces partielles, le parti Union pour la République (Unir) s’en sort avec 42 sièges obtenant ainsi un total de 920 conseillers municipaux sur 1527. Très bientôt les maires et leurs adjoints seront élus et ceux-ci pourront se mettre au travail. La phase pratique de la décentralisation peut donc commencer. Cela ne sera pas facile, mais si tous les acteurs de développement sans oublier les populations s’y mettent, le Togo s’en sortira grandi tout simplement. Vivement donc que la gouvernance locale soit couronnée de succès.

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