Législatives 2018/ Que retenir du rapport de la HAAC?

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La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a rendu public hier son rapport sur le suivi de la couverture des élections législatives de décembre 2018 par les médias togolais. Au-delà du sentiment de satisfaction que l’on note chez les premiers responsables de l’institution, que peut-on vraiment retenir de ce rapport ?

Selon le président de l’institution de régulation, Pitalounani Telou, les médias se sont dans l’ensemble bien comportés pendant les élections passées. On n’a pas enregistré de plainte contre un journaliste ou un média. L’on n’a pas non plus enregistré d’attaques contre les journalistes. Même s’il faut regretter selon les premiers responsables de l’institution, un manque d’engouement dans la presse privée.

Des formations ont été organisées à l’endroit des médias et des directeurs de médias et des journalistes pour leur rappeler le rôle qui doit être le leur pendant une période aussi sensible. Ces formations ont eu lieu sur l’ensemble du territoire national. Lors de l’observation de ces élections, la Haac a tout de même rencontré des obstacles. Il s’agit de l’insuffisance et du retard dans la mise à disposition des ressources financières, la détérioration du climat sécuritaire à Sokodé, l’absence et le retard dans la réception des messages des candidats pour le visionnage, l’insuffisance du personnel du service de monitoring, la faible sollicitation des organes privés commerciaux sur l’ensemble du territoire national, le manque de financement public des médias privés.

En ce qui concerne la violation des dispositions réglementaires, on note par exemple le non-respect de l’arrêté fixant les conditions de production, de programmation, de diffusion des émissions et de publications des informations relatives à la campagne électorale sur les médias officiels qui fait obligation aux partis politiques et indépendants de faire parvenir les messages et destinations à la diffusion sur les médias officiels dans les délais requis.

« Par ailleurs, il est à relever que le principe de l’équilibre n’a pas été respecté par les médias privés qui, faut-il le souligner à leur décharge, n’ont vu les candidats se bousculer à leur portillon pour faire passer leurs messages ou pour solliciter des reportages, surtout sur les chaînes de radios ou dans les colonnes de radio. Ces candidats ont préféré se tourner vers la télévision nationale pour la visibilité de leurs messages », précise le rapport. De plus, la synchronisation de radios communautaires avec des radios internationales comme RFI ou de radios commerciales, qui diffusent de programmes politiques est une source de difficultés pour le respect des cahiers de charge en période électorale.

Les recommandations à l’endroit de tous les acteurs

A l’endroit du gouvernement, la Haac recommande de veiller à la mise à disposition rapide des ressources financières suffisantes afin de permettre à la Haac d’organiser à temps, toutes les activités du processus électoral, assurer le financement le public des médias officiels et privés, renforcer l’effectif du personnel du service de monitoring de la Haac, prendre des dispositions nécessaires pour l’enlèvement des affiches à la fin de la campagne.

Les médias de leur côté doivent respecter scrupuleusement les textes règlementaires édictés par la Haac pendant la période électorale, se conformer aux prescriptions des cahiers de charge des radios et télévisions privées, informer systématiquement la Haac de tout partenariat ou synchronisation avec les médias au plan national et international.

Les candidats ont le devoir de respecter les délais règlementaires de dépôt des messages et déclarations pour le visionnage, respecter l’obligation d’envoyer des représentants dûment mandatés auprès de la Haac pour le visionnage, s’approprier les textes législatifs et règlementaires relatifs aux élections.

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