Prendre le pouvoir «à la base ?» Mieux vaut tard que jamais pour Jean-Pierre Fabre et les siens

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Dans un message délivré à l’endroit de la population dans le cadre des élections locales, le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et ancien chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a semblé donner raison à bon nombre d’observateurs de la scène politique togolaise, pour qui l’opposition a toujours mis la charrue avant les bœufs.

Pendant des années, le combat des opposants a été de se focaliser sur le pouvoir central. Des analystes ont trouvé qu’ils faisaient fausse route. En effet, assez de ressources humaines, financières etc. ont été englouties dans cette lutte, mais sans succès. Ces observateurs se basant sur l’expérience d’autres pays pensent qu’il faut prendre le pouvoir par la base.

Il est vrai que pendant plus de 30 ans les élections locales n’ont pas été organisées pour diverses raisons qu’il n’est pas nécessaire de rappeler ici. Toutefois, la thèse selon laquelle le pouvoir se prend d’abord à la base n’est pas moins vraie. Les événements tendent aujourd’hui à donner raison à ceux qui pensaient ainsi. Les propos de Jean-Pierre Fabre viennent les conforter dans leurs déclarations. « Les élections municipales sont une formidable occasion pour la population de prendre le pouvoir à la base afin d’améliorer les conditions de vie ».

Le pouvoir en place a sans doute eu tort de ne pas avoir organisé les élections locales plus tôt. Ce n’était tout de même pas une raison pour les opposants de refuser de reconnaître l’évidence. De plus, monsieur Fabre reconnaît aujourd’hui la responsabilité collective de la population dans l’amélioration des conditions de vie. En d’autres termes, un individu à lui seul ou un gouvernement quelles que soient sa volonté et ses compétences ne pourra pas changer par une baguette magique la situation des Togolais.

Le gouvernement a certes la responsabilité de créer les conditions pour que les énergies se libèrent, mais la population ne doit pas rester oisive. Elle doit s’impliquer. Le développement, ce n’est pas de la magie. C’est la résultante d’efforts conjugués ensemble. Il est réjouissant de voir que les partis comme l’ANC commencent par voir autrement les choses. Mieux vaut tard que jamais donc. Mais attention ! On espère qu’après leur élection, ceux-ci sensibiliseront leurs communautés à se mettre au travail sans tarder. En tout cas s’ils ne veulent pas dans quelques années être doigtés comme les responsables du retard de leurs communes, ils ont intérêt à changer de discours. Le développement du Togo ne sera plus l’affaire d’une seule personne ou d’un seul parti.

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