Présidentielle, le sablier du compte à rebours renversé

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Maintenant que le corps électoral est convoqué et que les étapes vont se succéder jusqu’au 22 février prochain, date retenue par le Conseil des ministres pour le premier tour de la présidentielle de 2020, il y a lieu de se pencher sur les préparatifs au sein de la classe politique. L’échec de la rencontre entre le pouvoir et l’opposition le 19 novembre dernier, pour parler de l’élection présidentielle, mais aussi l’échec de l’appel du Front citoyen Togo debout (FCTD), à manifester fin novembre dernier, entre autres, pour un fichier électoral fiable, la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (Céni) consensuelle, la proclamation des résultats du scrutin par bureau de vote, d’un côté.

Et de l’autre, les appels incessants et insistants, du côté du parti au pouvoir, Union pour la république (Unir), associations et mouvements proches, demandant à Faure Gnassingbé de se porter candidat à sa propre succession sont autant de signes d’un jeu électoral ouvert malgré les recherches vaines de signes de crises pour certains. Il convient de le dire, même si cela parait caricatural. Presque tous les partis qui composent l’échiquier politique de notre pays, même ceux qui sont actuellement «hors service», ou dans un triste état, ont déjà désigné de candidats ou sont en attente d’en investir un pour la présidentielle dont la campagne électorale pour le 1er tour devra s’ouvrira le 06 février 2020 pour prendre fin le 20 février.

Même des partis, hier, solidaires et soudés au sein des regroupements politiques, comme un seul homme, aujourd’hui frappés de scission, candidatent chacun de leur côté, sur fond d’invectives et de révélations inconfortables qu’ils s’envoient. Dans ces partis, la situation n’est pas véritablement à la préparation, si ce n’est la dénonciation. Presque, sinon, aucune formation dans cette famille diversifiée et plurielle de l’opposition, ne peut prétendre à un ancrage populaire honorable. Aucun regroupement ni aucune mutualisation ne sont envisageables vu la profonde division nourrie par la question du leadership.

Vu l’état de «décomposition» avancée de ce « champ », mieux, de ce camp politique, il est fort à parier que même en cas de second tour, nombre d’entre eux proposeront de conjuguer leurs voix avec celles du parti au pouvoir, qui affiche lui sa grande solidarité et son unanimité autour d’une seule candidature. Sur le choix de nombre d’entre ces leaders d’être candidats et en même temps de leur revirement à prôner le boycott ou le report de cette présidentielle, il est clair que cette ambivalence est devenue un autre repoussoir aux yeux de l’opinion, vis-à-vis de cette opposition, qui, outre, une division profonde inexplicable, n’a guère réussi à expliquer les vraies raisons de l’échec de ses mouvements, au lendemain des évènements d’août 2017 qui l’avaient pourtant remises en selle.

Maintenant que le corps électoral est convoqué et que le sablier du temps est en branle, seul le temps donnera raison ou tort à cette opposition. En attendant et dans ce «champs de ruines», décrit plus haut, il y a cependant, en face de cette opposition et de tous ces candidats indépendants sortis du néant, un parti politique qui ne figure pas parmi les «cadavres». Il s’agit d’Unir qui vient de loin, après un « août 2017 » qui devait l’enterrer aux yeux de certains. Dans cette configuration, cette résurrection, il a une occasion extraordinaire de «tirer les marrons du feu». Son leader, son « candidat naturel » Faure Gnassingbé est vivement prié de se prononcer…Le parti n’a jamais caché son intention de participer à la présidentielle dans un mois ou dans un an. Ceci dit, au sein d’Unir comme au sein de l’opposition, on se pose mille et une questions : la surprise d’un candidat, autre que Faure pour Unir, est-ce possible ?

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