Résultats définitifs des Législatives du 20 décembre, UNIR et l’UFC peuvent-ils faire revivre leur alliance politique signée en 2010 ?

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La Cour Constitutionnelle a proclamé hier lundi 31 décembre 2018, les résultats définitifs des élections législatives du 20 décembre 2018 après les résultats provisoires livrés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) le dimanche 23 décembre dernier. D’après ces résultats, le parti Union pour la République (UNIR), au pouvoir, reste le parti ayant remporté le plus de sièges avec 59 sièges sur les 91, suivi de l’Union des Forces du Changement (UFC) de l’ex-figure charismatique de l’opposition Gilchrist Olympio, avec 7 sièges. Viennent ensuite, le Nouvel Engagement Togolais (NET), 3 sièges et le Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), 2 sièges. On retiendra que l’UFC emporte finalement 7 sièges, contre 6 selon les résultats provisoires. Le siège en complément est ainsi gagné au détriment du MPDD de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, après le redressement des erreurs dans la circonscription électorale de Vo, suite à un recours introduit par l’UFC.

L’UFC, au terme de ces résultats devient la seconde force parlementaire au Togo. Et cette nouvelle configuration du Parlement togolais relance, aux yeux de bien d’observateurs, la question de l’accord scellé le 26 mai 2010 entre le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), devenu UNIR et l’UFC. Cela d’autant, qu’au fil des événements qui ont succédé aux soulèvements d’août 2017, la problématique de cet accord s’est invitée dans les débats, avec, rappelons-le, une sortie médiatique surprenante de Gilchrist Olympio, qui faisait un bilan quelque peu amer de cet accord, en proclamant son échec, annonçant même pour l’occasion, une certaine retraite politique qu’il peine à prendre à proprement parler.

Alors, avec la transformation de la physionomie du Parlement togolais aujourd’hui, le parti UNIR et l’UFC peuvent-ils faire revivre cette alliance ? Rien n’est moins sûr.

Mais-est-il qu’il y a quelques évidences qui peuvent faire douter d’un retour aux anciennes amours.

Il y a tout d’abord que le parti UNIR au temps fort des manifestations et des turbulences politiques post-soulèvements d’août 2017 avaient besoin du soutien d’un parti comme l’UFC, qui malheureusement l’a lâché avec cette sortie de Gilchrist Olympio qui a même poussé le bouchon loin, en insinuant que le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé ne devrait pas se présenter à la présidentielle de 2020. Un discours qui rejoignait celui des contestataires réunis au sein de la Coalition des 14 partis de l’opposition. Pire, les députés de l’UFC, s’étaient alignés sur la position de ceux des partis membres de la C14 en boycottant la séance consacrée au vote de l’avant-projet de Loi introduit par le gouvernement début septembre 2017.

Ensuite, il est clair qu’avec la nouvelle configuration du visage du Parlement et malgré sa position privilégiée de deuxième force parlementaire, l’UFC ne ferait pas le poids devant les députés issus des listes d’Indépendants, qui marquent une forte entrée à l’Assemblée nationale avec 18 sièges de gagnés, encore moins devant ceux d’UNIR qui restent majoritaires.

Il n’est donc pas sûr que l’UFC au parlement change la donne aussi bien au Parlement comme sur le terrain ou dans la rue. Même s’il faut admettre que l’influence de l’UFC ne serait pas minime, malgré ce désavantage numérique.

Aussi, faut-il constater qu’Il y a encore à l’UFC, le vieil esprit de radicalisme revanchard anachronique qui a entraîné le rejet de l’accord et la création de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, un des anciens fidèles lieutenants de Gilchrist. Une séparation compliquée pour les deux partis d’autant plus que les figures influentes des deux camps affichent une hostilité viscérale au débat démocratique et ne s’attachent qu’à la sagesse du Talion en préférant rendre à la moindre occasion des coups, plutôt que de s’élever pour faire avancer les choses sur le vaste chantier de la construction du vivre-ensemble.

Le débat entre temps, au cours du processus électoral, sur la place qui devait revenir à l’UFC au sein de la CENI, montrait à suffisance que dans les camps de l’ANC comme de l’UFC, on préfère souvent l’activisme politique à l’action politique. Or, aujourd’hui c’est de l’action politique à tous égards, qu’il faut au Togo pour que les politiques montrent leur niveau de responsabilité et de respectabilités sociales.

Dieudonné KOROLAKINA

 

 

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