Résultats du concours de recrutement du personnel médical/ Le gouvernement joint les actes à la parole

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Enfin! dirait l’autre. Les résultats du concours de recrutement de personnel médical, paramédical, administratif et d’appui sont connus depuis hier, une semaine après la promesse faite par le Premier ministre Komi Selom Klassou aux syndicats des travailleurs du secteur de la santé. Bien que la proclamation de ces résultats donne un certain baume au cœur des syndicats, il convient de dire que ce n’était pas tôt.

Il a fallu plus de sept mois d’attente, de patience et de battement de chamade pour le cœur de ces milliers de candidats au dernier concours de recrutement national de la fonction publique pour le compte du ministère de la santé et de l’hygiène publique. Hier, 555 heureuses personnes viennent d’être recrutées à l’issue dudit concours organisé en décembre, dont 129 sages-femmes. Non seulement, il a fallu aux candidats à ce concours d’attendre aussi longuement pour connaitre les résultats, il a aussi et surtout fallu cette salutaire reprise de langue entre le gouvernement et les syndicats des personnels de santé.

Ces derniers déplorent depuis des années un manque d’effectifs et réclament de meilleures conditions de travail et la modernisation des hôpitaux et des dispensaires. Ils viennent d’obtenir partiellement satisfaction, preuve de la vertu du dialogue. La publication des résultats de ce concours a pris du temps, mais cela a été publié, comme promis par le gouvernement. C’est un fait!

Une nouvelle fois, le Premier ministre Komi Selom Klassou et les membres du gouvernement ont prouvé qu’ils sont à l’écoute des besoins de la population et disponibles à satisfaire les revendications des syndicats dans leur ensemble. Le gouvernement a surtout prouvé qu’il sait respecter sa parole. La fameuse phrase du chef du gouvernement, « Je fais ce que je dis et je fais ce qui doit être fait », n’était donc pas des paroles jetées comme de la poudre aux yeux.

A l’instar de la publication des résultats de ce concours, beaucoup d’autres choses seront réalisées en plus de celles qui le sont déjà, afin de faire du système de santé togolais, un système résilient et qui a à cœur, le bien-être des populations et bien entendu, celui du personnel soignant également.

Au rang des promesses du gouvernement, l’on peut citer l’organisation très prochainement d’un autre concours national de recrutement de la fonction publique pour le compte du ministère de la santé et de l’hygiène publique, de l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et techniciens du secteur de la santé, du projet d’équipement de plusieurs centres hospitaliers de matériels médicaux dont des scanners.

Défis…

Ne nous leurrons pas, les défis à relever en matière sanitaire sont encore énormes dans notre pays. Par exemple, la situation des infrastructures et des équipements qui a subi de plein fouet les effets des difficultés socioéconomiques que connaît le pays depuis plusieurs années. Le taux de couverture des populations (pourcentage de la population vivant dans un rayon de 5 km des services de santé) est estimé à 60%, « le profil de santé du pays », réalisé par l’OMS dans les années 2000.

Cependant, l’utilisation effective des services de santé publics s’est considérablement réduite au cours des dernières années en raison de la dégradation continue des infrastructures et équipements, de la pénurie des consommables, de la démotivation du personnel ainsi que du coût relativement élevé des prestations. Les ressources humaines constituent un véritable goulot d’étranglement pour le système de santé du Togo face à une pénurie grave de personnel en quantité et en qualité.

Dans le secteur public, le ratio nombre d’habitants pour un médecin est passé de 11 700 en 1988 à 25 022 en 2001 et celui du nombre d’habitants pour un infirmier de 2 700 en 1988 à 5988 en 2001. Ces chiffres se sont ainsi largement éloignés des normes préconisées par l’OMS et qui sont de 1 médecin pour 10 000 habitants et 1 infirmier pour 5 000 habitants.

Selon l’enquête réalisée en août 2002 par la Direction de la Planification, de la Formation et de la Recherche, 56% seulement des USP disposent du personnel qualifié (au moins 1 Infirmier diplômé d’Etat (IDE). Face à tous ces maux, le gouvernement tente non sans peine un important projet de contractualisation des hôpitaux depuis quelques années. Malgré les premiers résultats encourageants, ce projet demeure une autre source de discorde entre le gouvernement et les syndicats.

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