Sandra Ablamba JOHNSON, l’ange gardien des entreprises au Togo

Par Edem Pedanou

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Quand on rencontre Sandra Ablamba Johnson, sa simplicité au naturel est déconcertante. Et pourtant, il s’agit pourtant de l’un des hauts fonctionnaires les plus écoutés du pays. Ministre déléguée, conseillère du chef de l’Etat en charge du Climat des affaires depuis 2017 ; laquelle cellule est logée au cabinet du président de la République togolaise et placée sous son autorité directe. Sa cellule a pour mission de « coordonner les efforts interministériels pour une meilleure efficacité de l’action gouvernementale dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires ».

Climat des affaires ? Le terme, qui peut paraître abscons, mais il recouvre les lois et règlements qui réduisent les entraves de faire commerce. Au niveau international, il est matérialisé par le rapport « Doing Business » de la Banque mondiale qui mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies et dans certaines villes au niveau infranational et régional. Le Togo était dans les profondeurs abyssales de ce classement, avec une progression lente voire une courbe faisant des yo-yo.

L’arrivée de cette économiste du développement à la tête de la cellule va entraîner des bouleversements indéniables, salués sur le plan international. Le Togo passe ainsi de la 156ème place à la 135ème, le bond le plus élevé en Afrique, battant même au passage L’Ile Maurice, terre sacrée de l’entreprenariat privé sous les tropiques. Un résultat dû à l’amélioration de six indicateurs : la création d’entreprise (47 places), transfert de propriété (57 places), l’accès à l’énergie (1er dans l’UEMOA), le permis de construire, le paiement des impôts, et l’exécution des contrats. Des améliorations qui classent d’emblée le Togo comme la deuxième économie de l’Uemoa.

Quelques exemples concrets : sur le transport de propriété, fusion des formalités et réduction sensible du coût des droits d’enregistrement et de conservation financière. Ces frais désormais forfaitaires sont rabaissés à 35.000 CFA contre 4% de la valeur vénale du bien auparavant. Sur l’indicateur de raccordement à l’électricité (Moyenne tension) les frais ont encore subi une réduction de 50% alors qu’ils étaient réduits de 30% l’année dernière.

Des résultats probants que Sandra Ablamba Johnson accueille avec modestie. « Nous ne nous contentons pas du meilleur classement, mais de la valeur ajoutée que cela apporte au quotidien des Togolais », déclare-t-elle. «Ce qui sous-entend des défis immenses à relever », ajoute ce bourreau de travail au CV impressionnant. Un DESS en économie et développement, de nombreuses publications dans le domaine de l’économie de la santé, l’économie de l’éducation et de la culture.
Son ascension rapide ne lui monte pas la tête quand on sait qu’elle n’a passé que quelques semaines au ministère du Plan, où elle était chargée du Millenium Challenge Corporation, avant de finir à la Coordination de la Cellule. Elle s’y connaît en économie et développement, en macro et micro-économie, pour avoir côtoyé des sommités de la recherche, de Cape Town (Afrique du Sud) à la prestigieuse Oxford, et aussi lors de son passage au Fonds Monétaire International.

Femme déterminée, Sandra Ablamba Johnson l’est assurément, qui n’ignore pas sa place dans la société voire le symbole, le modèle qu’elle représente dans des institutions genrées où les femmes se doivent de fournir plus d’efforts. Elle est également consciente que les femmes doivent fournir plus d’efforts pour concilier vie de famille et vie professionnelle. « Je voudrais dire aux jeunes filles que la confiance en soi est indispensable pour aboutir dans la vie et qu’elles peuvent avoir les mêmes compétences que les hommes, y compris réussir dans les milieux soidisant réservés aux hommes », affirme-t-elle.

« La rigueur, l’amour du travail, le travail bien fait, et le don de soi», telle est sa devise. Sandra Ablamba Johnson a un sens inné de la responsabilité, au point de se rendre disponible pour toute personne désirant créer son affaire, y compris pour le plus faible d’entre eux, qui rencontre des problèmes sur le terrain : « Mon téléphone est tout le temps ouvert pour recevoir des appels et intervenir auprès d’un tel pour faire avancer un dossier de création d’entreprise au CFE », avoue cette jeune femme avec le sourire. « N’est-ce pas pour cette mission que je suis nommée, rendre plus efficientes les relations interministérielles ? », ajoute-t-elle.

Plongée dans son rôle de haut-fonctionnaire commis de l’Etat, Sandra Ablamba Johnson ne pense pas moins aux hautes fonctions politiques auxquelles elle pourrait un jour être destinée. « J’apporte mon soutien à mon parti dans les limites de mes capacités et en toute responsabilité », dit-elle modestement.

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