Situation politique pré-électorale : Gilbert Bawara ne voit pas ce qui pourrait freiner le processus

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A trois mois du premier tour de l’élection présidentielle de 2020 au Togo, Gilbert Bawara, ministre du gouvernement togolais et proche collaborateur du chef de l’Etat dans un important entretien accordé à nos confrères des sites d’information Savoirs news et Togo breaking news, ne trouve pas la situation togolaise exceptionnelle. Il aborde plusieurs sujets sur lesquels l’opposition et le gouvernement n’arrivent pas à s’accorder : le fichier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et sa recomposition, la Cour constitutionnelle, la sortie de la Conférence des évêques du Togo, la nouvelle loi sur les manifestations publiques.

Les débats houleux auxquels l’on assiste à quelques mois de l’élection présidentielle de 2020 n’étonnent pas du tout Gilbert Bawara. Le Togo n’est pas une exception en la matière. Plusieurs autres pays dont certains de la sous-région ouest africaine qui doivent aussi connaître une élection en 2020 sont dans la même fièvre. Les débats démocratiques qui ont aussi lieu dans certains pays avancés comme la France et les Etats-Unis, ne sont nullement le signe d’une crise politique. Le collaborateur de Faure Gnassingbé fustige cette envie qu’ont certains, selon lui, de vouloir entretenir à intervalles réguliers une situation d’instabilité. D’ailleurs, pense t-il, l’échec de la mobilisation récente du Front citoyen Togo debout qu’il qualifie de « coalition politico-associative », est la preuve que les Togolais ne sont pas intéressés par ces types de discours. Ceux-ci attendent donc impatiemment de s’exprimer librement dans les urnes à en croire le ministre.

Un cadre électoral qui ne souffre d’aucune ambiguïté

S’exprimant sur le cadre électoral dont l’opposition et ses soutiens demandent la refondation, Gilbert Bawara rejette tous les arguments et pense que les conditions nécessaires sont réunies pour un scrutin transparent et apaisé. « Le Togo dispose d’un cadre électoral conforme aux normes et aux standards internationaux en matière d’élections libres, démocratiques, fiables, crédibles et transparentes », déclare-t-il. Plus donc la peine de s’alarmer. Mais l’opposition n’est pas rassurée et voudrait que l’on aille carrément à un nouveau recensement. Cela n’est pas possible.

D’ailleurs selon monsieur Bawara, si l’on voulait se conformer au code électoral, notre pays ne ferait même pas une révision électorale comme c’est le cas depuis vendredi dernier. Mais dans un souci d’apaisement et d’inclusion, le chef de l’Etat et le gouvernement ont pris les dispositions nécessaires pour que cela se fasse. « Rien ne nous obligeait à le faire. Si nous le faisons, c’est par volonté politique d’ouverture et par souci de renforcer l’exhaustivité et la fiabilité du fichier électoral, de garantir et d’assurer la transparence et la crédibilité de l’élection présidentielle », se défend Gilbert Bawara.

En matière d’élection, le Togo est de loin en avance sur plusieurs pays en Afrique, selon le ministre, si l’on tient compte des standards internationaux. Toutes les mesures sont, selon lui, prises pour qu’il n’y ait en principe pas de contestation. Il pense donc qu’il faut éviter de répondre aux caprices de certains acteurs qui cherchent juste des prétextes pour contester les résultats après les votes. Il n’y aura donc pas un nouveau recensement électoral comme le réclament certaines voix. La situation ne changera pas non plus à la Ceni. En effet, explique monsieur Bawara, l’opposition extraparlementaire qui réclame aujourd’hui sa recomposition avait refusé en 2018 de rejoindre la Ceni. Ensuite ayant boycotté les élections législatives, elle a perdu la possibilité d’être élue à la Ceni car celle-ci reflète la représentativité du Parlement conformément à l’Accord politique global (APG) de 2006 et acté par le code électoral.

Malgré cela, suite à la recomposition de 2019, le Comité d’action pour le renouveau (Car) et l’Alliance des démocrates pour un Togo intégral (Addi) qui avaient aussi boycotté sont membres de cette Ceni. Cela dénote donc selon l’émissaire du gouvernement d’un esprit d’ouverture. La Cour constitutionnelle ne doit pas non plus faire l’objet de préoccupations. La récente révision de la Constitution n’impacte en rien sa recomposition avant la présidentielle selon le ministre de la Fonction publique. Gilbert Bawara digère mal aussi la récente sortie de la Conférence des évêques. Il leur reconnaît le droit de se prononcer. Mais il fait remarquer : « certaines prises de position des évêques togolais sont perçues, à tort ou à raison, par nombre de concitoyens comme un parti pris partisan et une caisse de résonance des revendications d’un camp ».

En ce qui concerne la nouvelle loi sur les manifestations publiques, pour M. Bawara, elle ne constitue pas un blocage au libre exercice des libertés publiques. Le bon déroulement des manifestions du FCTD est le signe d’après lui que lorsque tous les acteurs y mettent de la bonne volonté, chacun peut librement s’exprimer. Sur ces bases, le processus se poursuit.

 

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