Taama, Kpodar, Olympio, Fabre… A qui le manteau de meilleur challengeur ?

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Dans un contexte socio-politique détendu avec les regards orientés vers 2020 et sa bataille électorale, les leaders de l’opposition, en connaissance de cause, fourbissent leurs armes. Gerry Taama, Ekue Gamessu Kpodar, Christian Spieker et d’autres pointures de l’opposition ont déjà laissé transparaître leur volonté de se joindre à cette grande joute. En face, le parti au pouvoir, avec son mutisme, semble accorder du crédit à la formule « il n’y a pas péril en la demeure ». Cette tribune, loin de vouloir mettre la charrue avant les bœufs, analyse le rapport de force entre pouvoir et opposition et tente, autant que faire se peut, de trouver le favori.

Gerry Taama, « l’avenir de l’opposition » Le Nouvel engagement togolais (Net), parti créé en 2012 et son président ont fait du chemin : « Unir ne nous donnera pas le pouvoir gratuitement, à nous de nous organiser pour le battre. Nous sommes l’avenir de l’opposition togolaise » a renseigné Gerry Taama en homme averti. De fait, le parti a su rester en retrait des décisions improductives, morbides et incohérentes de la grande famille des opposants. Ce discernement politique lui a permis d’arracher, au nez et à la barbe des vétérans de l’opposition, quelques sièges
à l’Assemblée nationale et d’intégrer quelques conseils municipaux issus des dernières locales. Suffisant pour titiller le parti Unir ? Difficile de répondre par l’affirmative.

Les néophytes Kpodar et Spieker

L’économiste Ekue Gamessu Kpodar et le juriste Christian Spieker portent, pour le moment, deux candidatures de la diaspora togolaise. Pour ces derniers, la voie de la raison serait d’engranger suffisamment de l’expérience, s’approprier les réalités du pays, faire leurs preuves, mériter la confiance du peuple et par conséquent, aspirer ultérieurement à diriger le pays. Croire que la première sera la bonne relèverait du fantasme, mais personne ne sait.

Le briscard Olympio

« Notre candidat naturel est bien Gilchrist Olympio. Il n’est plus tout jeune, mais ce n’est pas un obstacle » a confié Jean-Claude Homawoo, conseiller spécial du président de l’Union des forces de changement (UFC). Cette déclaration a le mérite d’être limpide ; sauf cataclysme, Gilchrist Olympio devrait se présenter en 2020. Mais comme aux élections précédentes, il
est fort probable que l’UFC soit contrainte de jouer les seconds rôles. Il sera difficile, voire impossible pour Olympio, au soir de sa carrière politique, de réussir là où il a échoué quand il était jadis dans la fleur de l’âge.

Les doublants

Sans l’ombre d’aucun doute, d’autres candidats plus connus de l’opposition, dans les mois à venir, officialiseront leur participation au scrutin. Mais alors que d’aucuns envisagent une candidature unique comme la solution miracle, d’autres la renient avec véhémence.  Comme
à l’accoutumée, les leaders de l’opposition battent en brèche l’idée de se coaliser et privilégient, en dépit du bon sens, les rushs solitaires ; chacun veut tirer le drap de son côté. Les faits sont là, sauf pour celui qui ne veut pas voir. Les conditions, une fois encore, sont réunies pour que le parti au pouvoir survole les débats lors de la prochaine présidentielle qui dessinera à court, moyen et long terme l’avenir politique du pays. En tout cas, les mêmes causes produisent les mêmes effets dans les mêmes circonstances.

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