Travail des enfants : Urmila Bhoola appelle le gouvernement togolais à y mettre fin

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La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Urmila Bhoola, a bouclé vendredi dernier une semaine de visite sur le territoire togolais. Elle a à cet effet tenu au Centre d’information des Nations unies (Cinu) un point de presse à l’endroit des journalistes.

Dès son arrivée le lundi 27 mai dernier au Togo, madame Bhoola a eu une séance de travail avec les autorités gouvernementales. Elle a ensuite rencontré des organisations de la société civile, des syndicats ainsi que des victimes du travail des enfants. Elle a visité Lomé, Sokodé et Tabligbo. La fonctionnaire onusienne a pu constater la présence d’organismes internationaux qui œuvrent en partenariat avec le gouvernement et qui renforcent les capacités des acteurs en vue de résoudre les problèmes liés aux droits de l’Homme.

Au cours de sa visite, Urmila Bhoola s’est essentiellement focalisé sur le travail et l’exploitation des enfants. L’émissaire des Nations unies reconnaît que le gouvernement mène des actions non négligeables. Elle a souligné que le Togo a pris d’importants engagements pour se conformer à ses obligations internationales en matière de droits de l’Homme et a adopté des lois nationales interdisant le travail forcé, le travail des enfants, la mendicité et les conditions de travail et de vie abusives dans ses réformes en matière de droit pénal en 2015.

Le pays a augmenté le nombre d’inspecteurs du travail qui veillent au respect de la réglementation en matière de violations des droits des travailleurs en vertu du Code du travail. Mais ce n’est pas encore suffisant et ces fonctionnaires de l’Etat manquent de moyens pour bien couvrir le territoire national. Les inspecteurs du travail ne peuvent pas non plus accéder aux maisons privées, où la servitude domestique demeure un problème invisible, et ils n’ont pas le pouvoir d’imposer des sanctions administratives. Ces failles font que « de nombreux enfants au Togo continuent d’être victimes des pires formes de travail des enfants en tant que domestiques dans des maisons privées, dans des champs, le secteur minier », a fait remarquer madame Bhoola.

Autre forme de servitude : le confiage d’enfants. Des familles démunies confient leurs enfants à des personnes (des membres de leurs familles peut-être) nantis parfois en ville, avec comme promesse de les scolariser. Malheureusement, ce n’est pas très souvent le cas. Ceux-ci sont soumis à des travaux forcés et même exploités sexuellement. Les mariages forcés et le phénomène des enfants sorciers causent aussi des torts horribles.

Dans le sillage des Objectifs de développement durables (ODD) qui visent à mettre fin aux pires formes de travail des enfants d’ici 2025, l’experte n’a qu’une seule phrase sur les lèvres : « le gouvernement doit mettre fin à de telles pratiques sans plus tarder en veillant à ce que les enfants aient de véritables perspectives ».

Edem Dadzie

 

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