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Au Togo, la reprise économique fragilisée par le conflit en Ukraine, le Covid et le climat (BAD)

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Si au début de l’année, elles paraissaient favorables, dans le sillage de la reprise amorcée en 2021, les perspectives économiques du Togo pourraient se retrouver ternies par plusieurs facteurs : le contexte géopolitique mondial actuel, le rebond du covid avec l’apparition de nouveaux variants et le changement climatique. C’est ce que pense la Banque Africaine de Développement (BAD) dans son dernier rapport continental publié en marge des Assemblées générales organisées la semaine dernière à Accra (Ghana). 

Selon les prévisions de l’institution financière panafricaine, la croissance du PIB pourrait être “attendue à 5,8% contre une prévision initiale de 6,2% au début du mois de février 2022”. L’inflation devrait également repartir à la hausse, en se fixant à 4,6% contre une estimation initiale de 2,4%.

Guerre en Ukraine

Principalement en cause, l’invasion de l’Ukraine par la Russie. “Le Togo pourrait être affecté en raison notamment de ses relations commerciales avec les deux belligérants”, explique en effet le Groupe de la BAD. Et de poursuivre : “Selon des statistiques récentes, environ 40% des importations de blé du Togo en 2020 (CNUCED mars 2022) provenaient de la Russie ; ce qui suggère une forte probabilité d’effet négatif sur la disponibilité et le prix de cette céréale”.

Pour faire face justement aux tensions dans la disponibilité du blé, le gouvernement a entamé depuis quelques jours une vaste campagne de sensibilisation sur l’utilisation des farines locales. Par ailleurs, embraye l’institution présidée par Akinwumi Adesina, “le pays pourrait aussi être affecté par les effets négatifs du conflit sur les pays partenaires comme ceux de la Zone euro et de l’Asie”.

Crise sanitaire et changement climatique

Parlant de l’Asie, “le retour de la crise sanitaire avec notamment l’apparition de nouveaux variants” n’est pas à occulter, estime la Banque qui suggère dans ce cas, “l’amplification des mesures de relance comme le Programme Novissi pour notamment alléger le fardeau de l’envolée des prix sur les ménages déjà fortement éprouvés par les effets la crise sanitaire”.

Enfin, la question du changement climatique pourrait également se poser dans le cadre de la reprise économique nationale. Selon la BAD, les effets sont visibles dans le secteur agricole, qui a enregistré une contraction en tombant à 24,7 % du PIB en 2021, alors qu’elle en représentait 37,3 % en 2008. 

Rappelons que le ministre de l’économie et des finances Sani Yaya a pris part à ces assises. 

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