C14/ Maître Isabelle Améganvi avait-elle donc raison ?

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Elle ne croyait plus à une quelconque union de l’opposition au Togo. Maître Isabelle Améganvi reconnaît avoir exprimé son scepticisme il y a deux ans dans une émission sur la télévision New World TV. Pourtant suite aux événements du 19 août 2017, elle a accepté avec son parti de rentrer dans la Coalition des 14. Mais à l’arrivée, que de regrets. Isabelle Améganvi aurait-elle donc eu raison ?

Dans une sortie médiatique effectuée après des mois de silence, la vice-présidente de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) n’est pas passée par quatre chemins pour exprimer tous les mauvais souvenirs qu’elle garde de son passage à la Coalition. Comme Eric Dupuy avant, elle révèle que le parti aurait pu s’en aller depuis. Cela aurait même pu être dès leur entrée dans le regroupement, à cause des dysfonctionnements, injustices etc… constatés.

La situation était-elle donc aussi désastreuse? À croire madame Améganvi, c’est le cas. Elle qualifie cette période de « 18 mois de frustrations et de douleurs ». Pour l’ancien député ANC de Kpélé, ils n’avaient pas d’autres choix que de supporter ce « supplice » à cause des militants. En effet, comme elle l’a expliqué, l’on constate une forte mobilisation lorsque les partis de l’opposition se mettent ensemble. Malheureusement, même ces quelques mois de cohabitation « forcée » n’ont pas vraiment été capitalisés. Un échec total comme l’ont d’ailleurs reconnu les intéressés eux-mêmes. Etait-ce donc nécessaire ? Une interrogation qui restera pour l’instant sans réponse.

Le départ il y a quelques jours de la Coalition par le parti de Jean-Pierre Fabre a permis de pousser un ouf de soulagement à écouter Isabelle Ameganvi qui avait déjà suspendu sa participation aux travaux de la C14 depuis. « Nous ne sommes pas partis avec regret », a-t-elle affirmé sans détours. Mais cet épisode semble donner raison à maître Ameganvi qui ne croyait plus à une union. Cette dernière n’a pas du tout été tendre avec ses compatriotes, dont certains, selon elle, participent à tirer la lutte de l’opposition vers le bas. « Les maux togolais ont la vie dure », d’après Isabelle Ameganvi.

Pendant longtemps, des observateurs ont relevé le fait que les acteurs politiques notamment ceux de l’opposition ont surfé sur une certaine ignorance ou plutôt un manque d’éducation de leurs militants. Aujourd’hui, l’on a l’impression à travers les propos de maître Ameganvi, que cela se retourne contre les intéressés eux-mêmes. Elle pense d’ailleurs qu’il faudra travailler à un changement des mentalités. En d’autres termes, c’est maintenant que commence le vrai boulot.

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