Les propos pas très catholiques de Mgr Kpodzro

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On ne le dira jamais assez ! La prêtrise n’est pas la politique. Et il demeure évident que bien de prélats togolais qui se fourvoient et se dévoient sur le terrain politique ont clairement à choisir entre la politique et la prêtrise, surtout lorsqu’ils peinent à établir une équation qui permet de rassembler tout ce qui est épars, face à notre contexte politique très clivant où les passions ont toujours eu raison de la Raison.

Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, Archevêque émérite de Lomé et doyen des évêques du Togo est l’un des tristes symboles du « ratage catholique» dans le traitement des questions politiques au Togo. Chez lui, le Temps peine à réaliser son œuvre et ses propos ne se bonifient pas avec le Temps. Il est tout le contraire du bon vin dont il s’en sert pour dire ses messes. En effet, le vin se bonifie toujours avec le temps… Comme il en a l’habitude, cet évêque qui a présidé la Conférence nationale, ancien président du Haut Conseil de la République – l’équivalent du Parlement au cours de la période transitoire du début des années 90 – a encore marqué une sortie médiatique au vitriol hier. Il y a longuement abordé les législatives du 20 décembre dernier, élections qui « posent un bon nombre de questions » de son point de vue.

Mgr Kpodzro a décoché des flèches très critiques et virulentes en direction de l’ONU, l’UE, l’UA, la CEDEAO… dans la gestion des crises : « Oh ! Où va le monde ? Comment comprendre que la communauté internationale, l’ONU, l’UE, l’UA, la CEDEAO …et les grandes puissances planétaires refusent de dire le droit, la vérité, rien que la vérité et se cantonnent à leurs intérêts égoïstes au grand mépris du sort des populations surtout africaines ? » se demande t-il. Où va l’Église avec de tels prélats aux propos pas du tout catholiques ?

Mgr Kpodzro, est-il au moins au parfum de la division que suscite, au sein de la famille des Évêques en République démocratique du Congo, la question des résultats des dernières élections présidentielles ? Avec une bonne dose de la lumière du Saint-Esprit, Mgr Kpodzro aurait compris, à la lumière de l’actualité internationale que le moment n’était pas approprié pour une telle sortie. Les calottes, les Mitres et les soutanes ne sont plus nécessairement les véhicules de la vérité, fût-elle d’évangile. Encore que la vérité politique demeure la vérité politique et il faut l’analyser, la comprendre et l’intégrer.

Un prélat devrait être admis en politique quand il ne fait pas de vague et respecte la Loi, les Institutions, etc. de son pays. Mgr Kpodzro est malheureusement un homme aux idées et propos aussi restreints que le moule conventionnel dicté et fixé par une certaine opposition radicale. Tellement, les propos qu’il débite habituellement ne sont que des « play-back » de ce que nous sert suffisamment une certaine opposition dite radicale au Togo. «… Il serait à tout le moins illusoire de considérer que le souverain peuple en lutte pacifique pour sa libération, puisse envoyer à la chambre parlementaire, une majorité écrasante des députés affiliés à une gouvernance qui l’oppresse, le confine dans l’indignité, la misère et semble n’avoir procédé ni aux renouvellements : de son discours, ni de sa pratique politique, ni de ses méthodes de gouvernance politique et économique… », ces propos qu’on découvre dans l’intervention de l’archevêque ne sont que des mots-clés que certains leaders politiques ici ânonnent et récitent les yeux fermés.

Mgr Kpodzro, tout prélat qu’il est, ne se démarque pas de la vacuité et de l’acidité des esprits frileux de l’opposition radicale qui lance à tout moment ces mots déjà entendus. Qu’il choisisse entre la politique et l’Église. On n’attend pas la même chose d’un prêtre que d’un politicien. S’il restait dans le giron de l’Église, cela dénoterait de l’authenticité de ses choix profonds. Il mériterait ainsi notre estime.

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