Togo, Terreau fertile à l’investissement

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A la faveur du premier Forum Economique Togo-UE (FETUE), le Togo a accueilli, sur son sol, plus de 400 participants. Aussi bien des décideurs politiques, des financiers, des porteurs de projets que quelques 300 investisseurs. Durant 48 heures ceux-ci, venus du Togo, de la diaspora togolaise et des 28 États de l’Union européenne ont exploré les opportunités d’investissements et de partenariat devant vitaliser l’axe économique Togo-UE. Une démarche qualité s’inscrivant résolument dans le Plan national de Développement (PND) dont l’axe 1 repose essentiellement sur l’amélioration du climat des affaires.

C’est donc un idéal économique majeur pensé et muri par le gouvernement togolais qui entend ériger le Togo en hub logistique d’excellence et en centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région. Et pour ce faire, plusieurs sont les réformes macroéconomiques entreprises, depuis quelques années déjà, par l’exécutif national, dans la gouvernance publique, avec l’aide de ses partenaires en développement dont la Banque Mondiale. Ceci, en vue de traduire dans les faits, sa vision novatrice. Celle de faire du Togo, un carrefour prisé des investisseurs, au travers d’une vaste campagne d’amélioration de l’environnement des affaires.

Retour sur les grandes lignes de ces réformes

Celles-ci vont de mesures relatives à la création d’entreprise aux règlements de litiges en passant par le transfert des titres de propriété, le paiement des impôts, raccordement à l’électricité, exécution des contrats, le permis de construire.

Création d’entreprises…

Faure Gnassingbé ouvrant officiellement le Forum

En ce qui concerne la création d’entreprises, le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) a vu le jour en 2006 pour simplifier et faciliter les démarches de création des entreprises. Aujourd’hui, grâce à cette réforme, il est possible de créer son entreprise en moins de 07h de temps, et à un coût réduit. 29.250 CFA. De même que la publication de l’annonce légale sur le site du CFE est passée de 5000 FCFA auparavant à 1000 FCFA aujourd’hui.

Des concessions qui ont sensiblement entrainé plusieurs centaines de formalisations d’entreprises ces dernières années. Notamment quelques 50.000 nouvelles entreprises enregistrées dans tous les secteurs d’activités, notamment les services, le commerce et l’industrie. L’opérationnalisation du guichet unique de création en ligne des sociétés, la numérisation du système d’administration des biens fonciers, la facilitation de l’accès à l’électricité et la baisse des fractures énergétiques sont entre autres, réformes entreprises dans le sens de l’amélioration du climat des affaires au Togo.

« Les mesures en vue de faciliter la formation d’une entreprise naissante ont porté leurs fruits », s’est donc réjoui, Sandra Johnson, Ministre Conseillère du Président de la République, en charge de la Cellule Climat des Affaires (CCA), structure mise en place depuis septembre 2017. Placée sous le leadership du Président de la République, cette cellule a pour mission, une efficacité et une synergie de l’action gouvernementale.

L’OTR… et la lutte contre la corruption

Dans le registre de la lutte contre la corruption, l’Etat togolais a procédé, depuis décembre 2012, à la création de l’Office Togolais des Recettes (OTR), la fusion au sein d’une seule structure des deux régies financières du Togo, notamment la Douane et le Service des Impôts. Cet office, au-delà de son rôle de recouvrer les impôts, taxes et droits de douanes pour le compte de l’Etat et des Collectivités locales, se veut aussi un modèle d’innovation qui, non seulement accélère les procédures de formalité, mais aussi promeut le consentement volontaire à l’impôt.

L’OTR, c’est aussi un outil efficace qui combat la fraude, l’évasion fiscale et la corruption. Un numéro vert (8280) et une adresse électronique (anticorruption@otr.tg) sont mis à la disposition des populations pour signaler, auprès dudit office, toute attitude suspecte, voire douteuse. Cet office a aussi fait du paiement en ligne, une réalité en vue de faciliter les échanges. Ceci, avec un répertoire unifié des contribuables actif au niveau de l’OTR.

Le Port de Lomé en attraction…

Le Port Autonome de Lomé (PAL), le seul port en eau profonde dans la sous-région, grâce à d’importants investissements de la part de l’Etat togolais, est en passe de devenir également, un hub de transport international. Avec 1,4 millions de conteneurs traité en 2018, l’ambition des autorités togolaises est d’accroître sensiblement la capacité de stockage de ce port, la portant désormais à 4 millions de conteneurs par an. Ceci, dans le but d’en faire une plateforme commerciale moderne, compétitive et de référence dans la sous-région. Et les performances de PAL sont prometteuses quant à une atteinte rapide de cet objectif.

Amélioration du cadre juridique

Avec le soutien de l’Union Européenne, l’Etat togolais a en outre entrepris un vaste programme de modernisation de la justice axé sur six axes principaux. Doté d’un plan d’action 2016-2020, ce programme tourne essentiellement autour du cadre juridique, institutionnel et organisationnel, le renforcement de l’administration pénitentiaire, l’accès aux droits et à une justice équitable et de qualité, le renforcement des capacités professionnelles et managériales, la modernisation de l’équipement et de la logistique, puis du renforcement du financement et du pilotage du système judiciaire. « L’objectif est d’aboutir à une justice équitable, impartiale et accessible à tous », explique, pour sa part, le ministre de la Justice, Kokouvi Pius Agbetomey.

La consécration… avec le classement Doing Business et Indice Mo Ibrahim

Des performances, à divers niveaux, qui permettent au Togo de faire, ces derniers jours, de bons remarquables dans le classement Doing Business. A titre d’exemple, le dernier classement 2019, prenant en compte six indicateurs tous validés, crédite le Togo de 137 places, contre 156 l’année précédente. Soit 19 places de gagnées et conséquemment l’une des meilleures performances dans le monde, permettant désormais au Togo de doubler le Nigéria, le Burkina Faso, le Sénégal et la Tanzanie, de bons élèves en la matière. «Ce n’est pas une recette magique. C’est juste le fruit d’un travail. Un travail collectif qui demande l’adhésion et la cohésion », précise Mme Sandra Johnson. Mais loin de dormir sur ses lauriers, l’Etat s’emploie, de plus belle, à améliorer le score de l’année dernière, avec un nouvel objectif qui est de s’offrir une place à deux chiffres au prochain classement.

Il n’en fallait donc pas plus pour que l’Indice Mo Ibrahim, calculé sur la base d’une centaine d’indicateurs, classe aussi le Togo parmi les dix meilleurs pays de la gouvernance en Afrique, sur les dix dernières années (20072016). Une succession d’efforts et de consécrations qui font véritablement du Togo, aujourd’hui, un terreau fertile à l’investissement. Mieux, un cheval gagnant sur lequel doivent absolument miser, la panoplie d’investisseurs qui ont participé au Forum Togo-UE la semaine dernière.

 

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