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Une unité moderne dans l’Amou pour valoriser une céréale traditionnelle africaine, le fonio

ESSIOMLE Amavi

Les marchés urbains en expansion au Togo offrent de nouvelles possibilités aux jeunes et femmes entrepreneurs tout au long de la chaîne de valeur, en particulier dans la transformation agroalimentaire. Ainsi, une large diversité de TPME actives dans la transformation des produits agricoles se développe, et cela concerne tous types de produits. Ce nouveau numéro de la rubrique Echos Des Bénéficiaires vous transporte à la découverte de Mme ESSIOMLE Amavi, une bénéficiaire FNFI, investie dans la transformation agroalimentaire. Présidente Febesef Amou, elle a permis grâce au produit Nkodédé, à sa commune, Amou 3 de disposer désormais d’une unité de transformation de fonio.

PARCOURS

Passionnée d’agroalimentaire, ESSIOMLE Amavi est une femme Togolaise qui s’est investie depuis plusieurs années dans la valorisation du fonio, une céréale appartenant à la vaste famille des Poacées, au même titre que le blé, le riz ou le maïs. Pour Amavi, l’agroalimentaire n’est pas une activité qui lui est venue tardivement. Après une formation à L’ENI KARA et un court séjour au Bénin, Amavi rentre à Hihéatro dans la préfecture d’Amou et se lance dans la culture de maïs avec un un premier crédit FNFI de 30 000 FCFA. Elle raconte : “ j’ai suivi une émission à la télé et une dame témoignait sur les produits FNFI. J’ai beaucoup apprécié, alors je n’ai pas hésité à enquêter et à mener les démarches nécessaires pour en bénéficier. J’ai eu 30 000 FCFA pour le premier cycle, ce qui m’a permis de faire un champ de maïs ». C’est ainsi que Dame ESSIOMLE Amavi, veuve depuis quelques années, devint agricultrice à Hihéatro.

Avec les prêts successifs obtenus, notamment un montant de 100 000 FCFA, elle abandonne la culture de maïs, et se reconvertit en transformatrice de Fonio. Au départ, une transformation manuelle laborieuse réalisée par des femmes collaboratrices. En effet, le fonio doit d’abord être décortiqué pour éliminer les enveloppes externes puis blanchi pour éliminer le son. Ces opérations de décorticage et de blanchiment sont réalisées traditionnellement au moyen de mortiers et de pilons. Et en raison de la très petite taille des grains, ces opérations de transformation sont très laborieuses et peu productives.

Pour ESSIOMLE Amavi, il était indispensable d’améliorer les techniques de transformation en modernisant les équipements et en acquérant des machines. “Je me disais qu’on n’allait pas à l’école pour faire comme les autres : il fallait ajouter une valeur et se démarquer. “ affirme t-elle. Suite au lancement du produit Nkodédé, elle y voit l’opportunité de passer un cap, surtout de réaliser son rêve : passer de la transformation traditionnelle à une unité moderne de transformation de Fonio. Elle formalise son entreprise, obtient 5 000 000 FCFA avec le crédit Nkodédé. “ Avec ce montant, j’ai acheté des machines pour diminuer les difficultés et modernisé mes installations”, révèle t-elle.

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DÉMARCHE STRATÉGIQUE

Le fonio transformé et emballé connaît un succès croissant et la demande tend à s’accroître au niveau local comme à l’exportation. Mais, l’une des nombreuses contraintes qui pèsent sur les TPME de transformation du fonio concerne la disponibilité en équipements de transformation performants adaptés à leurs besoins. En acquérant des machines grâce au produit Nkodédé du FNFI, ESSIOMLE Amavi a pu relever les limites imposées par le travail manuel et est désormais performante tant en termes de productivité que de qualité du travail réalisé. Elle répond mieux à la demande croissante.

 

SURMONTER LES DÉFIS

La principale difficulté rencontrée par ESSIOMLE Amavi pour moderniser son entreprise était le financement. Pour surmonter ce défi, elle a pû compter sur le FNFI. Elle invite toutes les femmes de sa communauté et du Togo à faire confiance au FNFI. En termes de perspectives, le prochain défi de ESSIOMLE Amavi est la réalisation d’investissements pour augmenter encore sa capacité de production. « D’ici cinq ans, nous souhaitons couvrir tout le pays “ avance l’entrepreneure.

 

CONSEIL AUX FEMMES

« Il faut oser commencer avec le peu qu’on a et gagner la confiance des clients », observe ESSIOMLE Amavi. Ne pas avoir peur du risque. Oser se lancer dans l’aventure en prenant soin de bien maîtriser le domaine dans lequel on veut intervenir. Bien mûrir l’idée d’entreprise, maîtriser les contours de son activité et travailler quotidiennement pour offrir le meilleur aux clients. L’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille, la vie d’entrepreneur est faite de défis quotidiens à relever. Vous n’avez rien à perdre, commencez par observer autour de vous afin d’identifier les problèmes ou les besoins de votre communauté. Imaginez des solutions pouvant résoudre ces problèmes ou satisfaire ces besoins. Analysez la faisabilité des solutions que vous allez proposer puis lancez-vous avec l’accompagnement du FNFI”.

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