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Le « néocolonialisme politique » de l’APED

Illustration de la rédaction

Le Togo est-il toujours une terre à conquérir et à occuper ? La question vaut son pesant d’or en lisant partiellement le document de proposition de sortie de crise rendu public hier par l’Association pour la Promotion de l’État de Droit (APED).

Portée par le trio d’avocats Maîtres Jean Yaovi Degli, Zeus Messan Atta Ajavon et Djovi Gally, l’Association propose en l’occurrence, au 5ème point de son document ceci : « En vue de garantir la transparence et l’équité des prochaines consultations électorales, une instance internationale (neutre et indépendante) devra remplacer la CENI pour l’organisation et la supervision des locales, des législatives et de la présidentielle de 2020…

Une Force de la CEDEAO, devra être déployée sur I ‘ensemble du territoire national, avant, pendant et après les élections, comme ce fut le cas en 1993 avec les Forces françaises et burkinabè…. »

Dévêtus de leur toges « noires » d’avocats, revêtus d’un autre habit, celui de nostalgiques de ces années-là, celle de la Conférence nationale et celle du plébiscite de la Constitution de 1992 ; mieux encore, d’un habit de «néocolonialistes politiques », pour réoccuper le terrain perdu  et  faire  fructifier leurs intérêts, ce triangle d’avocats est dans une proposition qui ramène le Togo à ses années d’avant indépendance, notamment la période où notre pays avait été placé sous administration de la Société des Nations (SDN) devenue plus tard Organisation des Nations Unies (ONU).

En défendant une telle idée, l’APED promeut une politique colonialiste dangereuse et grave s’inscrivant dans la même veine de ceux qui pensent comme un certain Nicolas Sarkozy que « l’Afrique n’est pas rentrée dans l’Histoire ».

En d’autres mots, ces trois avocats, pour paraphraser Sarko n’hésiteraient pas à clamer que leur pays, le Togo n’est pas rentré dans l’histoire. Et ce en dépit, de tous les efforts consentis par les uns et les autres, dans des « contradictions productives » tout de même. Efforts auxquels, eux-mêmes ont participé et participent, aux noms de leurs diverses actions politiques et parfois sociales.

Dans un contexte politique togolais, où des schémas démocratiques sont bien présents, avec des institutions à renforcer, des Réformes indispensables à faire, aucun bon sens ne peut admettre de telles propositions. Elles sont hors-jeu !

Gangrenée par plusieurs maux – malentendus ethnicisés, individualisme, incivisme, divisions de leadership, manque de charisme de leaders…absences de Réformes institutionnelles et constitutionnelles – qui précédaient déjà le soulèvement d’août passé, la vie politique togolaise semble aller dans le mauvais sens, avec des confusions et des amalgames en tout genre, reliant à tort le règlement de toute question politique du Togo, à des discussions nées de la crise en cours. Pourtant, bien avant août 2017, il existait des précédents politiques clairs que la nonchalance, le manque de réalisme et de stratégie de l’opposition n’ont pas permis d’aborder dans un cadre très sincère et très franc. Les torts étaient déjà partagés.

Dieudonné Korolakina