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Pâques/ Pas de chemin de croix cette année

Après l’imposition des cendres le mercredi 26 février, les chrétiens catholiques viennent de passer leur 5ième  dimanche de carême de cette année dans une situation assez particulière. Les messes dans les églises sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, à cause de la pandémie de coronavirus.

Le covid-19 ne met pas que les économies à rude épreuve. La vie en communauté a également pris un coup. Avec les gestes barrières et mesures de protections vivement recommandés par le gouvernement et les évêques du Togo, afin de limiter la propagation du coronavirus, le traditionnel carême qui précède la fête de Pâques est observé par les fidèles catholiques obligés de s’adapter à la situation.

Les réseaux sociaux et médias mis à contribution

Il n’y a plus de messes, ni de repas en communauté comme c’est souvent le cas lors des périodes de carêmes. Le dimanche 29 mars (comme les autres dimanches depuis le début de la pandémie) par exemple, la messe a été célébrée et suivie en direct sur les réseaux sociaux. C’est une situation particulière qui ne dérange pas vraiment Christelle, une fidèle catholique qui dit avoir suivi la messe sur radio Maria ce dimanche matin.

« Nous n’irons plus à l’église jusqu’à nouvel ordre. Cette année, il n’y aura pas de messe de pâque le 12 avril prochain, ni de chemin de croix. Les prêtres vont célébrer les messes sur les ondes télé, radios et en ligne. Nous autres allons suivre en communion avec eux », a-t-elle déclaré.

Ce dimanche par exemple, l’homélie du père Paul Komla Ezin (formateur au Grand Séminaire interdiocésain Benoît XVI de Tchitchao, Kara) a été publiée sur le site la-croix.com.

Voici l’intégralité de cette homélie intitulée : « Seigneur, si tu avais été là ».

père Paul Komla Ezin

« Il y a dans la vie, dans l’histoire de chacun et dans celle de l’humanité, des moments qui constituent des instants de profondes réflexions et méditations, des occasions de grandes révélations et décisions. Ce sont des moments décisifs de la vie, des tournants dans/de notre histoire. Et ces moments, pour nous, sont très importants. Ils déterminent d’une manière ou d’une autre notre histoire, ils la signent ; ils transforment d’une manière ou d’une autre notre vie, la réorientent. Nous faisons l’expérience de ces moments dans notre histoire personnelle, communautaire, universelle…

Depuis cinq dimanches, nous avons commencé l’itinéraire de carême, un cheminement pénitentiel, un ressourcement spirituel qui nous conduit vers les grandes célébrations pascales : la passion, la mort et la résurrection du Christ. Notre montée vers la Pâques du Seigneur, vers notre pâque va donc bientôt s’accomplir. Dans une semaine, avec le dimanche des Rameaux, nous entrerons dans la Semaine Sainte.

Seulement, nous savons tous dans quelles conditions seront célébrées, sinon auront lieu ces grandes célébrations de notre foi, surtout la Pâques, cœur de l’année liturgique. Les chrétiens du monde entier sont confinés dans leurs maisons, ainsi que « l’humanité » tout entière. La pandémie du coronavirus ayant contraint les nations, et partant l’Église à prendre des dispositions ne permettant pas « de célébrer communautairement la liturgie dans l’Église ». Le Covid-19 semble imposer son règne de mort, et les chrétiens, comme Marthe et Marie dans l’évangile de ce dimanche, semblent crier leur désolation : « Seigneur, si tu avais été là ».

Mais les textes de ce cinquième dimanche nous laissent entrevoir, même au milieu de cette détresse, au cœur même de cette désolation, la joie toujours présente de pâques, la victoire de la vie sur la mort.

Dans la première lecture, nous voyons le peuple d’Israël en grande détresse parce que déporté en terre d’exil. Nous sommes au quatrième siècle avant Jésus Christ. Mais le prophète Ezéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dieu ouvrira le tombeau dans lequel ce peuple s’est englouti. Il le ramènera vers la terre d’Israël, la terre promise. Ce sera, en effet, la victoire de la vie sur la mort. A travers ce texte, nous voyons un Dieu qui « sort » et fait sortir son peuple. Et c’est ce Dieu que nous découvrons également dans l’Évangile.

Dans la péricope évangélique de ce dimanche, en effet, le Christ « sort » et vient faire sortir Lazare de son tombeau. Il lui rend la vie et exprime ainsi, pleinement, son pouvoir sur la mort : « Je suis la résurrection et la vie ». Les disciples savent que la montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. Mais Jésus veut leur faire comprendre que cette marche s’achèvera par la victoire de la vie. Notre marche, notre montée, notre combat, notre histoire, nous le croyons, s’achèvera toujours par la victoire de la vie. En faisant sortir Lazare du tombeau, c’est l’humanité tout entière que Jésus veut délivrer de la mort et de l’emprise du péché.

Nous sommes tous appelés à sortir de notre égoïsme, de notre indifférence, de notre péché. Nous sommes invités à participer à cette victoire de Pâques en nous engageant pour la vie, en relevant l’Homme de la mort et du pouvoir de la mort, aujourd’hui même, ici et maintenant, chacun là où il est. Le Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération, pour accomplir son dessein de salut. La mort, le prince de ce monde, n’aura pas le dernier mot.

En Jésus, nous avons la vie, et avec lui nous ressusciterons ».