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En rang dispersé pour la présidentielle, l’opposition victime de sa propre initiative

Le ministre Gilbert Bawara.

La participation en rang dispersé à l’élection présidentielle du 22 février prochain n’inquiète pas le pouvoir. Au contraire, celui-ci s’en frotte les mains parce que l’opposition est bien partie pour se faire laminer encore une fois. C’est l’avis de Gilbert Bawara, ministre au sein du gouvernement togolais et cadre du parti au pouvoir.

Les amoureux et indéfectibles soutiens de l’opposition togolaise ont tellement rêvé la voir participer à cette élection en bloc. Mais ce n’est pas sûr que cela se réalise. Leur union de façade au sein de la Coalition des 14 n’a pas tardé à s’effriter dès que les enjeux électoraux ont commencé à poindre à l’horizon. Ce n’est donc pas lors d’une présidentielle qu’il faut espérer que ces acteurs se mettent ensemble alors que chacun lorgne le fauteuil doré de Lomé 2.

Les initiatives de monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro n’aident pas l’opposition. Contrairement à ce que l’on espérait, le fossé entre les différents courants s’est élargi. Le mot d’ordre du prélat appelant les autres candidats à se retirer et à se ranger derrière Agbéyomé Kodjo a été plutôt perçu comme une insulte par certains acteurs de l’opposition et n’a reçu aucune réponse favorable. Chaque candidat de l’opposition fort de ses potentialités et comptant sur le fait que le Togo organise une élection à deux tours reste dans la course. Ce qu’ils ignorent ou feignent d’ignorer, c’est que cette situation arrange très bien le pouvoir. Gilbert Bawara, cadre du parti au pouvoir, l’a si bien exprimé hier sur une chaîne de télévision à Lomé.

« Nous n’avons peur de personne parmi eux. Plus encore, une opposition divisée face à nous, est une opposition battue au premier tour », a-t-il déclaré. Monsieur Bawara a totalement raison. Lors des élections passées, Unir a confirmé qu’il reste la plus grande force politique du pays. Vu son bilan et sur la base des résultats des précédentes élections présidentielles, l’on peut déduire que Faure Gnassingbé n’aura pas besoin d’un second tour pour l’emporter. Le « coup ko » espéré par ses partisans n’est peut-être pas loin.