À Sotouboua, Tchonda Pyallo se consacre à la revente de céréales. Son activité n’a pas commencé dans la facilité. Entre les difficultés financières, les exigences du commerce et la perte tragique de l’un de ses deux enfants il y a deux ans, elle a connu des moments où l’envie de tout arrêter prenait le dessus. Pourtant, au milieu du chagrin, elle a trouvé la force de reprendre progressivement son chemin. Grâce à l’appui du produit Accès des Jeunes aux Services Financiers (AJSEF) du FNFI et à la confiance de plusieurs agriculteurs, elle poursuit son activité avec prudence, courage et détermination. Bienvenue dans ce nouveau numéro « Échos des bénéficiaires du FNFI ».
À Sotouboua, les journées de Tchonda Pyallo commencent au rythme des céréales, des sacs à déplacer, des clients à servir et des comptes à équilibrer. Elle achète et revend notamment des produits céréaliers, en essayant de maintenir son commerce malgré les moyens limités dont elle dispose. Le démarrage n’a pas été simple. Il a fallu apprendre à composer avec les fluctuations des prix, les besoins des acheteurs et les exigences des fournisseurs. « Au début, je rencontrais beaucoup de difficultés. Je voulais avancer, mais je n’avais pas toujours les moyens nécessaires pour acheter suffisamment de marchandises », raconte-t-elle. Peu à peu, elle a appris à mieux organiser ses opérations et à saisir les occasions qui se présentent, sans perdre de vue les risques liés à une activité où l’argent circule rapidement.
Son commerce repose aussi sur une relation de confiance avec les producteurs de la région. Plusieurs agriculteurs acceptent de lui remettre des sacs de céréales qu’elle pourra payer après la vente. Pour Tchonda, cet arrangement représente un véritable soutien. Il lui permet de disposer de marchandises même lorsqu’elle ne possède pas immédiatement toute la somme nécessaire pour effectuer ses achats. En retour, elle doit vendre dans les délais, gérer soigneusement ses recettes et respecter ses engagements. « Les agriculteurs me font confiance. Ils me livrent les sacs et j’effectue le remboursement après la vente. Je dois donc bien travailler pour ne pas décevoir ceux qui comptent sur moi », explique-t-elle. Derrière chaque sac reçu se trouve ainsi une responsabilité : celle de préserver une confiance construite au fil des transactions.
Le crédit AJSEF, un soutien pour reprendre et poursuivre son activité
Il y a deux ans, la vie de Tchonda a été bouleversée par la perte de l’un de ses deux enfants. Le drame l’a profondément éprouvée et l’a éloignée, pendant un temps, de ses activités. Le commerce, qui demandait déjà des efforts, lui paraissait alors difficile à reprendre. « Après la perte de mon enfant, j’ai voulu tout abandonner. Je n’avais plus la force de penser au commerce ni à autre chose », confie-t-elle. Le retour au travail ne s’est donc pas fait d’un seul coup. Il a fallu retrouver progressivement l’envie de sortir, de rencontrer les clients, de négocier avec les agriculteurs et de reprendre ses responsabilités. Aujourd’hui encore, la douleur fait partie de son histoire, mais elle essaie de reconstruire son quotidien en avançant à son rythme.
Inclusion financière : le FNFI affine ses priorités stratégiques
Dans ce parcours marqué par les épreuves, l’appui du FNFI a contribué à maintenir son activité. Tchonda Pyallo a bénéficié du produit AJSEF, avec un premier financement de 200 000 FCFA, puis un second de 300 000 FCFA. Ces ressources lui ont permis de renforcer ses achats et de disposer d’un peu plus de possibilités pour faire fonctionner son commerce. Elle ne présente pas son parcours comme une réussite achevée. Elle parle plutôt d’un travail en cours, d’un effort quotidien et d’une volonté de ne pas renoncer. « Je ne peux pas dire que tout est devenu facile. Je rencontre encore des difficultés, mais je continue. Je veux seulement pouvoir travailler, respecter mes engagements et avancer petit à petit », affirme-t-elle. À Sotouboua, l’histoire de Tchonda Pyallo est celle d’une femme qui se relève sans nier ses blessures, qui s’appuie sur la confiance des autres et qui tente, jour après jour, de retrouver une stabilité à travers son activité.
























